Note de l'AEETÉE: Comme vous le constatez, il faut demeurer vigilants. Dans cet article paru le 1 février 2014, l'auteure affirme que l'AEP est maintenant obligatoire à l'inverse des affirmations de la fédération des commissions scolaires. Le cahier spécial éducation du Devoir y est-il pour quelque chose ? L'arrivée du prochain budget provincial y est-il pour quelque chose? Nous aurions apprécié que l'auteure fouille davantage son dossier. Qu'en pensez-vous?

Source: Le Devoir, 1 février 2014

Avant l’année scolaire 2011-2012, une éducatrice en milieu scolaire ne devait détenir qu’un diplôme d’études secondaires et une année d’expérience avant d’être embauchée par un service de garde. Depuis, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), voyant dans cette situation quelques lacunes, a mis sur pied un comité de travail chargé de réfléchir à la question. Si certaines éducatrices détiennent déjà une attestation d’études collégiales, le comité juge cependant que ce diplôme n’est pas tout à fait adapté à la réalité du milieu scolaire. Il recommande donc la création d’une attestation d’études professionnelles (AEP).

 Ce sont les commissions scolaires qui sont chargées de cette formation, obligatoire pour tous les nouveaux éducateurs embauchés depuis 2011, soit environ 2000 par année. Pour les éducateurs déjà en poste, la formation est optionnelle.

 Les services de garde existent depuis plus de 30 ans, mais le réseau s’est rapidement développé depuis une dizaine d’années, à la demande des parents notamment, rappelle Caroline Lemieux, attachée de presse de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ). Aujourd’hui, chaque commission scolaire est tenue d’offrir un service de garde dans une école lorsqu’un conseil d’établissement en fait la demande.

 Si les services de garde se sont transformés en devenant aussi répandus, le rôle des éducateurs en milieu scolaire a aussi dû s’adapter. Alors que les éducatrices en CPE ou en garderie travaillent avec des enfants de 0 à 5 ans et qu’elles sont titulaires d’une attestation ou d’un diplôme d’études collégiales, les employés du milieu scolaire n’ont pas les mêmes tâches. La possibilité d’une formation de niveau collégial n’avait donc pas été retenue par le comité de travail du MELS, qui a analysé les tâches des éducateurs en milieu scolaire.


Formation en 390 heures 

 Le programme de l’AEP pour éducateurs en milieu scolaire est d’une durée de 390 heures ; il comprend un stage et se décline en 11 modules. Les futurs éducateurs abordent notamment les interventions selon l’âge des enfants ou la planification et l’organisation d’activités selon le groupe d’âge. Mais les formations peuvent varier d’une commission scolaire à l’autre. À la commission scolaire des Navigateurs, dans la région de Québec, par exemple, on aborde aussi l’éthique professionnelle ou le développement d’une bonne communication avec les enfants, les parents et les enseignants.

 Puisque la maternelle dès quatre ans a commencé l’an dernier (2013 à être implantée dans toutes les commissions scolaires, un module sur les enfants de cet âge a aussi été inclus dans la formation.

 Selon Caroline Lemieux, l’offre de cours ne satisfait actuellement pas à la demande, et la FCSQ est en pourparlers avec le gouvernement afin de bonifier le financement qui servira à payer cette formation et elle procède en ce moment à une analyse plus précise des besoins de formation de chaque commission scolaire. « Il faut aussi dire, tient à souligner la porte-parole de la Fédération, que l’obligation d’avoir une attestation a été entérinée lors de la signature des conventions collectives de 2011. Les syndicats étaient donc d’accord avec cette exigence. »

Des services en constante évolution

 On compte environ 20 000 éducateurs et éducatrices en service de garde en milieu scolaire au Québec. Leur salaire se situe entre 17 $ et 22 $ l’heure, selon les dernières conventions collectives.

 « Depuis l’année scolaire 1997-1998, alors que les services ont commencé à être subventionnés, on a vu un boom spectaculaire de la fréquentation des services de garde, note Caroline Lemieux. De 1997 à 2009, ils ont connu un bond de 165 %. » En 2011-2012, 27 000 élèves québécois fréquentaient un service de garde, soit 49 % de tous les élèves.

 D’après un rapport du Conseil supérieur de l’éducation sur les services de garde en milieu scolaire, préparé en 2006, le développement de ces services de garde est intimement lié au développement des garderies pour les 0-5 ans dans les années 1990. Mais c’est durant les années 1970 que font leur apparition les services de garde en milieu scolaire, sous l’impulsion de parents « qui souhaitent contrer le phénomène des enfants “à la clé au cou” », peut-on lire dans ce rapport. C’est seulement en 1979, dans la Loi sur les services de garde à l’enfance, qu’a été inscrit le droit des enfants du primaire à recevoir des services de garde.

 On assiste dans les années 1980 à un développement rapide des services en milieu scolaire, mais il faut attendre la syndicalisation des employés pour y voir une certaine stabilité. Auparavant, les éducatrices et les éducateurs étaient des « préposés » et ils n’étaient « pas reconnus comme ayant un mandat d’éducation », lit-on dans le rapport. C’est finalement durant les années 1990 que les services de garde en milieu scolaire connaissent leur déploiement et s’uniformisent.

  Les éducateurs et éducatrices qui oeuvrent aujourd’hui en milieu scolaire ont plusieurs possibilités de formation, au-delà de la nouvelle AEP. Représentant 51 % des services de garde de la province, l’Association des services de garde en milieu scolaire du Québec (ASGEMSQ) offre plus de 140 propositions d’activités de formation continue, telles que « Vive la période des devoirs », « Agir en milieu ethnique », « Une discipline renouvelée et efficace », « Multi-âge, un défi à relever ».