Note de l'AEETÉE: Et ce, sans que nous réfléchissions à ce qui serait le mieux pour les enfants. Qu'en est-il de l'avis du Conseil supérieur de l'éducation à ce sujet? Est-ce que mesdames les Ministres de l'Éducation et de la Famille ne pourraient pas lancer une consultation sur le sujet avant de nous engager collectivement dans un remue-ménage qui ne sert pas nécessairement la cause des enfants? Les liens sont de nous.

Source: La Presse, 21 janvier 2013. Pascale Breton

 Manque de locaux, de personnel et surtout de temps pour tout mettre en place. L'implantation progressive de la maternelle à 4 ans à temps plein dès septembre prochain se bute à de nombreux écueils.

Un groupe de travail avec des intervenants du milieu a été mis sur pied pour discuter des défis, a appris La Presse. La première rencontre de travail est prévue demain.

Plusieurs questions demeurent sans réponse. Les inscriptions à la maternelle pour la prochaine rentrée se tiennent ces jours-ci; il est donc minuit moins une pour la maternelle à 4 ans, souligne Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ). «On est à la limite, précise-t-elle. Nous avons réalisé qu'il y a plusieurs embûches, ne serait-ce que l'emplacement physique pour accueillir les élèves.»

De nombreuses écoles sont pleines. Il est donc difficile de trouver des locaux pour former de nouvelles classes. L'ajout d'enfants au service de garde de l'école cause aussi des casse-têtes en raison du manque d'espace.

Manque de financement

«Il va falloir que le financement soit au rendez-vous», affirme Mme Bouchard. Les commissions scolaires doivent toutefois composer avec d'importantes compressions. Selon des informations qui circulent, le financement ne serait pas au rendez-vous. Les écoles qui ont déjà la maternelle à 4 ans à demi temps auront le même budget pour les administrer à temps plein.

Le temps presse

La Fédération québécoise des directions d'établissements d'enseignement (FQDE) souligne pour sa part qu'il y a beaucoup à faire avant le mois de septembre. «Les enseignants vont avoir besoin de formation, il faut revoir les cadres de références, modifier le programme», note Lorraine Normand-Charbonneau, présidente de la FDQE.

À Montréal, une soixantaine d'écoles situées dans des quartiers défavorisés offrent déjà la maternelle à 4 ans, mais seulement la moitié de la journée. Pendant l'autre portion de la journée, les enfants bénéficient d'un bloc éducatif avec une éducatrice en service de garde. Il existe quelques projets-pilotes de maternelle à 4 ans à temps plein. Ailleurs au Québec, c'est principalement le programme Passe-Partout qui est implanté.

Tous s'entendent sur l'importance d'offrir en priorité des services dans les milieux défavorisés afin que les enfants partent tous sur le même pied lors de leur entrée à la maternelle à 5 ans. Les moyens d'y parvenir ne font pas l'unanimité. Faut-il favoriser les centres de la petite enfance ou la maternelle à 4 ans? Est-il nécessaire qu'elle soit à temps plein?

«Affirmer que tout est parfait et que ça doit être à temps plein, non, nous ne sommes pas d'accord. Il faut prendre acte, faire un état des lieux avant», affirme Manon Bernard, présidente de la Fédération des enseignants du Québec (FSE).

Denise Boucher, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), émet aussi des doutes sur la nécessité d'offrir la maternelle à temps plein dès l'âge de 4 ans. «Attention à la scolarisation précoce», dit-elle.

Mathieu Le Blanc, attaché de presse de la ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, indique que les engagements de la ministre n'ont pas changé. «Des annonces plus précises seront faites dans les prochaines semaines», confirme-t-il.