PRÉSENTATION DE L’AEETÉE

L’Association des enseignantes et des enseignants en Techniques d’éducation à l’enfance (AEETÉE) existe depuis 1994. Elle a été créée dans la foulée de la disparition des coordinations provinciales qui regroupaient des représentants de chacun des collèges offrant un même programme collégial.

L’AEETÉE est un organisme à but non lucratif qui a pour objectif de créer un lieu d’échanges pédagogique et politique entre les enseignantes et les enseignants des différents collèges offrant la formation en Techniques d’éducation à l’enfance. Elle a également le mandat de développer des partenariats étroits avec les différents intervenants de la société qui militent et agissent pour le développement harmonieux des services éducatifs à l’enfance. L’Association représente donc le point de vue de ses membres auprès des instances gouvernementales et diverses associations qui gravitent autour du monde de l’enfance au Québec. À ce titre, les représentants bénévoles de l’AEETÉE ont collaboré, depuis plus de 20 ans à la plupart des comités mis sur pied par le Ministère de la Famille et des aînés et le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

En tant qu’enseignants, la qualité des services éducatifs offerts aux enfants de 0-12 ans est au cœur de nos préoccupations. De plus, nous avons une connaissance très poussée des milieux de garde, qu’on parle des CPE, des garderies privées, des services de garde en milieu familial ou des services de garde en milieu scolaire. Notre expertise s’appuie sur une culture de collaboration de longue date avec les différents intervenants du milieu.

Nous avons à cœur la reconnaissance et la promotion de la profession d’éducatrice et d’éducateur à l’enfance et l’une des priorités d’action de l’Association consiste à militer pour que TOUT le personnel éducateur de TOUS les services éducatifs du Québec soit un jour formé, détenteur d’un DEC en TÉE.

Selon nous, le réseau des services éducatifs pour les enfants de 0-12 ans constitue un investissement collectif, éducatif et social qu’il faut développer avec le souci de la qualité des services, celui de l’accessibilité et de la continuité de l’expérience éducative des jeunes enfants du préscolaire et du primaire.

Se donner les moyens de préserver un réseau de qualité pour tous les enfants du Québec et leur famille, tel est l’objectif qui nous tient le plus à cœur.

Adresse postale de l’AEETÉE : AEETÉE, Cégep St-Jérôme, 455 rue Fournier, Casier : 170, Saint-Jérôme (Québec) J7Z 4V2

Adresse courriel de l’AEETÉE : info@aeetee.ca

 

Page-titre du mémoire présenté par l'AEETÉE

Note de l'AEETÉE:Nous vous présentons ici les principaux éléments du mémoire présenté en novembre 2016 à la Commission sur l'éducation à la petite enfance. Nous avons joint au présent article la version intégrale du mémoire présenté. Nous invitons toutes les personnes préoccupées par l'éducation de nos plus vulnérables à diffuser largement ce mémoire afin d'influencer les décisions politiques qui gouvernent et gouverneront notre avenir.

INTRODUCTION

L’AEETÉE salue l’initiative de la consultation menée par la Commission sur l’éducation à la petite enfance. Il est temps, en effet, de porter un regard critique sur la politique familiale, particulièrement en ce qui concerne le réseau des services éducatifs à l’enfance.  Depuis 20 ans, les services de garde ont évolué, fait de grands pas en avant et sont enracinés plus que jamais dans leur milieu respectif.  Ils sont devenus un service essentiel à plusieurs égards notamment en ce qui a trait à la participation des femmes au marché du travail, à la conciliation famille-travail, à la participation grandissante des pères dans la mission éducative auprès de leurs enfants.  Au fil des années, les services de garde ont étendu leur mission sociale.  Ils sont une ressource indispensable en matière d’éducation, de prévention, de soutien aux compétences parentales et de partenariat avec le milieu communautaire et les services sociaux.  Il appartient à la société québécoise toute entière de s’occuper du développement des places et de la qualité des services offerts par les services de garde.

Dans ce mémoire, l’AEETÉE abordera plus précisément les sujets suivants :

QUALITÉ

  • Les processus éducatifs
  • La formation du personnel éducateur

ACCESSIBILITÉ

  • Le manque de places en CPE
  • Les réels objectifs de la politique familiale
  • « Un enfant, une place »

UNIVERSALITÉ

  • Gratuité valorisation

GOUVERNANCE

  • La formation du personnel éducateur : de la cohérence, s.v.p.
  • Un service éducatif de qualité et adapté au développement des enfants
  • Les écarts de qualité
  • Tous les québécois sont concernés
  • Un financement adéquat

Le comité exécutif de l’AEETÉE 2016-2017

Pour l’assemblée générale de l’AEETÉE

Marc Boucher, Président et enseignant en TÉE au Cégep de Jonquière
Chantal Bérubé, Vice- présidente et enseignante en TÉE au Cégep Montmorency
Marie-Hélène Bertrand, Trésorière et enseignante en TÉE au Cégep de St-Jérôme
Caterine Pelletier, Secrétaire et enseignante en TÉE au Cégep du Vieux Montréal
Dominique Germain, Responsable du colloque 2017 et enseignant en TÉE au Cégep Montmorency

Collaboration : Le comité exécutif tient à remercier tous les membres de l’AEETÉE qui ont participé de près à la rédaction de ce mémoire : Laurent Besner du Cégep de St-Jérôme, Martine Brien du Cégep du Vieux Montréal, Danielle Carbonneau du Cégep du Vieux Montréal, Renée Davidson du Cégep Montmorency, Joanne Fournier du Cégep du Vieux Montréal, Gaétan Gagnon du Cégep de Jonquière, Linda Ulrich du Cégep de Saint-Jérôme.

Notez qu'il faut cliquer sur les titres pour lire le contenu relié à ce titre.

{tab=FORMATION DU PERSONNEL ÉDUCATEUR}

1- QUE des amendements à la règlementation des services de garde éducatifs soient apportés afin d’exiger que tout le personnel éducateur (100%) détienne un DEC en TÉE ou son équivalent afin d’assurer la qualité des services aux tout-petits et à leur famille;

2- QU’une campagne de valorisation de l’engagement professionnel de ce personnel soit développée afin de non seulement rendre justice au travail d’éducation dont il est responsable mais aussi pour professionnaliser la fonction de travail;

3- QUE chaque service éducatif puisse compter sur le soutien d’un(e) conseiller(ère) pédagogique pour favoriser la concertation, la cohérence et la qualité des interventions dans chacun des milieux;

4- QUE le personnel éducateur puisse avoir accès à du perfectionnement tout au long de sa carrière afin d’assurer un véritable développement professionnel, gage de pérennité de la qualité des services éducatifs.

{tab=L’ACCESSIBILITÉ}

5- QUE la gratuité des services éducatifs régis soit un objectif clair à atteindre d’ici les cinq (5) prochaines années au Québec;

6- Qu’un financement adéquat des services éducatifs régis soit assuré et que les CPE et les Bureaux coordonnateurs en soient les seuls bénéficiaires;

7- QUE le caractère public soit conféré aux CPE de telle sorte que le développement et la gestion des services éducatifs aux tout-petits et à leur famille ne soient plus soumis aux aléas des changements de partis politiques au pouvoir;

8- QU’une gestion des places rigoureuse soit instaurée mais que la souplesse nécessaire pour tenir compte de la réalité des différentes familles soit au cœur de cette gestion.

{tab=L’UNIVERSALITÉ}

9- QU’une campagne d’information et de valorisation des services éducatifs de qualité soit mise sur pied rapidement afin d’informer l’ensemble de la population et particulièrement les familles de milieux moins favorisés, des bienfaits de ces services pour tous les enfants, à court, moyen et long terme;

10- QUE les CPE, reconnus comme étant les services de garde de meilleure qualité au Québec, soient privilégiés pour l’ouverture de places, pour le financement et pour le soutien de l’État en général;

11- QUE le gouvernement s’engage à intégrer les garderies privées au réseau des CPE dans un délai de 5 ans.

12- QUE le concept « Un enfant, une place » soit remis à l’ordre du jour des priorités gouvernementales en matière de politique familiale.

13- QUE les règles de gestion et de financement soient revues et permettent la fréquentation à temps partiel sans pénaliser le service de garde éducatif afin de mieux répondre aux besoins de toutes les familles, quel que soit son revenu, son mode de vie, ses valeurs.

{tab= LA GOUVERNANCE}

14- QUE le DEC en TÉE soit reconnu comme formation initiale de base pour obtenir un diplôme d’éducateur ou d’éducatrice à l’enfance (0-12 ans) afin d’assurer la cohérence et la qualité de la formation;

15- QUE le gouvernement québécois étudie sérieusement la possibilité de regrouper tous les services éducatifs offerts aux enfants de 0-12 ans, sous un même ministère afin d’assurer la cohérence en matière d’exigence de formation, de conditions de travail du personnel éducateur et ainsi, de véritablement assurer la qualité des services à tous les enfants du Québec en matière de service éducatifs.

16- QUE  les enfants de 4 ans qui ont besoin d’un service éducatif de qualité puissent fréquenter un CPE ou d’autres types de services éducatifs régis qui offrent des activités parents/enfants et ce, quel que soit leur milieu socio-économique, leur origine ethnique, leur niveau de développement;

17- QUE le gouvernement québécois, en collaboration avec le gouvernement fédéral, envisage sérieusement de cesser d’offrir des déductions fiscales pour la fréquentation d’une GNS tout en s’assurant que le nombre de places en CPE soit suffisant pour accueillir tous les enfants du Québec.

18- QUE soit revue la composition des Conseils d’administration de chacun des services éducatifs régis afin que le personnel éducatif soit représenté et qu’ainsi le point de vue éducatif soit pris en compte dans les décisions administratives.

19- QUE soit créée une table de concertation réunissant tous les partenaires qui gravitent autour des enfants du Québec (parents, administrateurs de service éducatif, éducatrices, enseignants, chercheurs, organismes communautaires et représentants politiques)  afin de conseiller le ou la ministre de la Famille relativement au développement  de services éducatifs publics, universels et de grande qualité;

20- QUE les parents utilisateurs de services éducatifs soient majoritaires au sein des conseils d’administration des services éducatifs des enfants de moins de 5 ans afin de favoriser l’implication directe et la démocratisation de la gouvernance du milieu que fréquente leur enfant;

21- QUE le financement des services de garde éducatifs prennent en compte tous les besoins des enfants et de leur famille, tant au niveau de la qualité, de l’accessibilité, de l’universalité et de la gouvernance de ce service éducatif essentiel.

{/tabs}

CONCLUSION

Plusieurs recherches sérieuses en sont venues à la conclusion que l’investissement en éducation devrait se faire dès la naissance d’un enfant et qu’il est « rentable », d’un point de vue économique, de s’engager sur cette voie.  Une société éduquée est une société en santé, économiquement plus stable voire plus prospère, socialement et culturellement innovante notamment au niveau du mieux-être collectif.

Les services éducatifs destinés aux enfants du Québec doivent  être considérés comme un investissement pour l’avenir même de la société québécoise.  Pour l’AEETÉE, les services de garde devraient être publics au même titre que l’école, les services de santé et les services sociaux.  Ils devraient pouvoir compter sur un financement adéquat et sur un personnel qualifié, détenteur d’un DEC en Techniques d’éducation à l’enfance et à qui on offre l’opportunité de s’engager dans une formation continue tout au long de sa carrière.  De plus, nous croyons fermement que des services de garde privés subventionnés sont éthiquement et administrativement contestables.  Engager des fonds publics dans une entreprise privée qui a pour but d’assurer des profits à ses propriétaires nous apparait douteux surtout que les études et recherches démontrent, hors de tout doute, que ces services de garde sont de moins bonne qualité que les CPE, toutes sphères d’analyse confondues.

Dans ce mémoire, l’AEETÉE a livré aux commissaires ses principales préoccupations et souhaite que la démarche aboutisse à une vision consensuelle de l’égalité des chances pour tous les enfants du Québec en matière de services éducatifs.  Les québécoises et les québécois ont tout intérêt à s’occuper de leurs enfants. « Ça prend tout un village pour élever un enfant »  et pour l’AEETÉE, ce proverbe africain prend tout son sens si le Québec est toujours « Fou de ses enfants ».

Pour télécharger le mémoire en PDF: